CHACHAPOYAS du 24 au 29 janvier

L’itinéraire entre Cajamarca et Chachapoyas représente 325 km. Une bricole chez nous. 12 heures de route ici, soit une vitesse moyenne de 27 km/h. Trois cordillères à franchir. Des routes rarement revêtues. Des ornières et des trous sur une bonne partie du trajet.

Mercredi 24 janvier : Chachapoyas
En arrivant au petit matin au terminal terrestre de Chachapoyas, nous sommes fatigués, laminés. Nous mettons nos bagages dans un taxi et filons vers notre logement, le Chachapoyas Backpackers Hostal, en espérant qu’il accepte que l’on dépose nos bagages pour avoir un peu de liberté de mouvement.
C’est mieux que le plan : nous sommes gentiment accueilli, on nous propose un petit-déjeuner et ensuite, comme l’hôtel est loin d’être plein, on prend possession de notre chambre. Un vrai soulagement. C’est un des meilleurs établissements que nous ayons rencontrés : très propre, spacieux, du personnel attentif et souriant et situé à 10 minutes à pied de la plaza des Armas.



Il y a une excursion qui parait très difficile à organiser par soi-même à cause du problème de transport. Par chance, à l’hôtel il y a une grande affiche d’une agence de voyage Turismo Explorer : normal, le patron en est celui de l’hôtel. Nous ne cherchons pas de complications, nous allons voir cette agence et prenons une excursion (un tour, comme on dit ici) pour le lendemain. En attendant, nous visitons Chachapoyas et prenons nos marques : boulangeries (il parait que le pain est la spécialité de la ville), marchés aux fruits et légumes, office de tourisme (I Perú est très précieux), et départs des mini-bus (chaque trajet a son point de départ).

Jeudi 25 janvier : Revash et Leymebamba
Levés tôt, petit-déjeuner moitié local, moitié continental (humitas et oeuf au plat) et excellent café pasado plus jus de fruit fait à la demande. Le humita, d’origine pré-colombienne, est préparé à partir de maïs moulu frais enveloppé dans une feuille de maïs et cuit au four ou dans l’eau chaude. C’est très nourrissant et se mange aussi bien salé que sucré. 
A 8:30, le mini-bus de l’agence est là et nous embarquons. C’est un bus premium, Mercedes 18 places, très confortable. Notre guide pour la journée est Gesin, et nous sommes 7 touristes.
Il faut 2 heures et demie pour rejoindre San Bartolo, le village d’où part le chemin d’accès aux mausolées de Revash. Ce petit village est typique par ses constructions, pas ses habitants et par leurs travaux du quotidien. On est conquis.

 Maison typique en rondins de bois et pisé (argile).


 Au-dessus de la porte, ce n’est pas le nom de la villa, genre « ça m’suffit », mais il est écrit en quechua « garder propre »  


 La construction des muescas, nom donné à ce type de construction. Muesca veut dire encoche ou entaille en espagnol. il s’agit d’une structure en rondins de bois, assemblés par encoches, puis remplie en pisé, mélange de paille et de terre argileuse.






  

Retour par le même chemin en prenant le temps d’observer et de discuter.

 Comme cette dame qui réalise un tapis de selle aux crochets  






Ou celle-ci qui file la laine avec la méthode traditionnelle des quechuas. On peut ainsi filer la laine en marchant, en surveillant le bétail, etc.  

Ou celle-ci qui tisse une bande de tissu qui servira à de multiples usages, comme l’awayo ou aguayo pour porter des charges sur le dos.  

Nous repartons jusqu’à Leymebamba, une heure trente de route, où nous devons déjeuner. Au menu : une « sopita » (une soupe), lomo saltado servi avec du riz, des frites, salade de légumes et aji (sauce pimentée).  



 L’estomac bien rempli, nous partons visiter le musée voisin, très réputé pour sa riche collection archéologique issue des fouilles effectuées dans la région, et notamment au lac des Condors.


La culture Chachapoya apparaît autour des années 500 après JC. Elle évolue jusqu’à son englobement dans la culture Inca autour de 1 500. Tout cela apparaît dans les expositions de céramiques, tissus, vanneries, etc. 

 

Batán (moulin à grains)

 Style Chachapoya  


 Style Chimu-Inca  


 Magnifique quipu (khipu en quechua), ensemble de cordelettes de différentes couleurs et tailles, avec des nœuds variables, véritable système de comptabilité et d’enregistrement de données.

Le clou du musée ce sont plus de 200 momies de la culture Chachapoya, retrouvées et sauvées de la destruction sur les rives du lac des Condors, à proximité de Leymebamba  


Les momies de Leyemebamba


Nous revenons à Chachapoyas enchantés de ce que nous avons vu et très satisfaits des explications fournies par notre guide, Gesin très professionnel. 

Vendredi 26 janvier : Kuélap

En mini-bus nous nous rendons à Tingo Nuevo, point de départ du téléphérique qui permet de monter à Kuélap (altitude 3 000m) site majeur de la culture Chachapoya. Cocorico, c’est encore un téléphérique français (POMA). Le téléphérique nous emmène en 20 mn de saute montagnes à l’entrée du site.




Nous visitons d’abord le centre d’interprétation, puis nous attaquons la rampe qui monte vers l’entrée de la citadelle (1 400 m). De loin on devine déjà des dégâts sur les murs extérieurs du site. Les Chachas avaient bâti là-haut une véritable ville, entourée non pas d’un mur d’enceinte ou rempart, même si l’ouvrage est impressionnant d’en-bas (20 m de hauteur parfois). Il s’agit en fait d’un mur de soutènement pour que la ville soit construite à plat. Si les Chachas savaient gérer les problèmes hydrauliques liés à ce mur, les autorités du ministère de la culture ont bien classés le site, mis en place une billetterie, mais n’ont jamais fait entretenir ce mur, qui a force d’érosion et colmatage des drainages, s’écroule de toute part. Donc le site n’est ouvert que pour 140 personnes par jour, et sur seulement 10% de son extension. Nous avons fait le choix de regarder le mur d’enceinte, de visiter la « maison modèle » reconstruite devant l’entrée et basta. 


La muraille de l'entrée effondrée et en cours de consolidation

Partie intacte de la muraille

Reconstitution d'une maison chachapoya

La charpente et le toit avec une manière originale de maintenir les poutres

Reconstitution du vêtement masculin

Reconstitution du vêtement féminin

Samedi 27 janvier : Chute de Gocta

On commence tôt la journée en prenant un mini-bus (combi) pour aller à Cocohuaico. Puis on saute dans une motocicleta pour monter à Cocachimba par une piste qui, un jour, sera route…(elle est en travaux quelques mois chaque année)

Le temps de s’enregistrer à l’entrée de la zone protégée, puis de prendre un bon café pasado dans le seul établissement ouvert à cette heure matinale et nous partons par un chemin, parfois empierré, à travers le forêt tropicale qui couvre toute cette vallée.



Un serpent + de l’alcool = un remède. Mais pour soigner quoi ?


Quelques loros (perruches) troublent le silence. On ne rencontre personne ou presque. Nous mettrons 2 heures pour rallier le pied de la chute, appelée ici catarata de Gocta.


Au loin la catarata de Gocta 

Pont suspendu (puente colgante) 



Une belle chute : 710 m


Dimanche 28 janvier : canyon del Sonche

A quelques kilomètres de Chachapoyas, rapidement faits en mini-bus, le canyon del Sonche est accessible à pieds depuis le village de Huancas. Il mesurerait mille mètres de haut. C’est une belle balade avec des vues intéressantes sur les montagnes et les gorges du Sonche (c’est la rivière au fond).


Place du village de Huancas










Lundi 29 janvier : préparatifs de départ pour Chiclayo

On prépare tranquillement nos valises pour prendre le bus de nuit en direction de Chiclayo, sur la côte nord du Pérou. Cette fois, on a pris des sièges qui font totalement couchettes.
Et pendant que Maryvonne fait les boutiques, Gilbert avance sur le blog.

Le coin salon de la terrasse de l’hôtel Chachapoyas Backpackers 

Le salon du bas

On quitte à regret cet hôtel bien tenu, bien situé avec du personnel très attentif et gentil. Une pensée particulière pour Josy qui a été aux petits soins pour nous.



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