CUZCO du 16 au 21 février

En prenant nos billets de bus avec 2 nuits sur la route, on savait que ça allait être un peu rude, mais ce fût une véritable expédition. La première partie, jusqu'à Lima, s'est passée sans problème. Arrivés au petit jour à l'immense terminal de Plaza Norte, on s'occupe comme on peut en allant au centre commercial voisin en attendant le départ du bus à 14h30. On en profite pour déjeuner au Mac Do. Si, si, en voyage cela nous arrive.

Les ennuis commencent avec le bus qui arrive en retard. En fait, ce n'est pas le bus prévu (sans doute en panne), mais un de secours à peine opérationnel. mais bon, on a les 2 chauffeurs et nos places ne sont pas mal situées.

Et roule ma poule...arrivée prévue dans 24 heures.

Au petit matin, nous sommes très étonnés de nous trouver encore près de la côte de Pacifique. MapsMe, l'application GPS, nous indique que nous sommes très au sud, en direction d'Arequipa. ???? Renseignements pris, nous passons effectivement par Arequipa car un pont a été détruit ou abimé par les intempéries sur la route directe de Cuzco. En France, ce ne serait rien, une petite déviation de quelques dizaines de kilomètres. Ici, c'est une autre histoire en raison du réseau routier très rare et rustique. Au lieu de 1100 km, nous allons devoir faire 1800 km. On a oublié de nous le dire avant le départ. Mais, on n'aurait rien pu changer.

Arrivée donc à Cuzco à 23h00 au lieu de 14h11.

Moralité : Si nous avions pris l'avion, départ 14h30, nous serions arrivés à 16h00, la veille à Cuzco. Bon, nous avons le temps, nous sommes un peu soucieux de notre empreinte carbone et nous choisissons donc le bus. Mais nous sommes des privilégiés retraités. Par contre, les péruviens qui doivent voyager pour des motifs autrement plus impérieux que les nôtres, et bien, s'ils en ont les moyens, ils choisissent l'avion : 1800 km de routes inconfortable contre 600 km de vol, 24 heures de cahots contre 1h30 de somnolence. Parfois, les prêches écolos sont loin des réalités de la vie quotidienne des gens.

Maryvonne a trouvé un public intéressé par les photos de famille

Dimanche 18 février

Nous retrouvons avec plaisir Cuzco et sa plaza de Armas. Cusco en espagnol péruvien, Cuzco en français, Qosqo ou Qusqu en quechua, centre de l'empire Inca. La ville se situe à 3 400 m d'altitude et atteint aujourd'hui 500 000 habitants. La région est très riche au plan agricole : cultures de maïs, pommes de terre, quinoa, kiwicha (amarante), orge, blé, etc et élevage. La ville vit, elle, du tourisme et cela se voit. La ville est propre, organisée, sécurisée. Le nombre d'agences de voyages, de boutiques de luxe, de restaurants, d'hôtels et de marchands de souvenirs est impressionnant. Nous avons l'impression que c'est bien plus que lors de notre précédente visite en 2018.

A ce propos, pour retrouver le récit de ce voyage et les images, c'est là : https://leszaguesses-sacaudos.blogspot.com/2018/03/

cathédrale-basilique de la Vierge de l'Ascension de Cuzco

Eglise de la Compagnie de Jésus


Justement, en 2018, nous avions regretté de ne pas avoir eu le temps de voir les salines de Maras ; ce sera donc notre première visite. On prend le bus qui va à Urubamba et on descend une heure et demie plus tard à l'intersection de la route du village de Maras, puis on saute dans un taxi collectif pour les derniers kilomètres.

La place de Maras est pleine de bus touristiques. Nous on descend à pieds par les chemins repérés sur AllTrails (application de rando). Le chemin descend d'abord tranquillement, puis de plus en plus vite dans la gorge d'un ruisseau avant d'arriver sur le site des salines.

Petit chemin tranquille. On devine la gorge à droite

Le site des salines vu du haut de la gorge

Ce qui nous affole, c'est le nombre de bus qui vont et viennent par la piste tracée sur l'autre versant. Il y a beaucoup de monde, et on se demande si la vente des billets d'entrée ne rapporte pas plus que celle du sel.(On voit la même chose à Guérande)


Les salines de Maras datent de mille ans, exploitée d'abord par la culture Wari, puis Inca. L'eau, très riche en chlorure de sodium, sort chaude d'une source hydrothermale. L'origine en est inconnue mais il y a fort à parier qu'une masse de sel d'origine sédimentaire marine est traversée par le ruisseau souterrain.

Canal d'alimentation des bassins
Il y a 3 000 bassins (pozos), construits en terrasses. L'eau saline circule par gravité via des canaux d'alimentation jusque dans les bassins où le soleil surtout, car il y a peu de vent, provoque l'évaporation de l'eau. Le sel s'accumule au fond des bassins et est récolté une fois par mois. La population de Maras et du village voisin de Pichingoto vendent le sel grâce à une entreprise (coopérative ?) dénommée Marasal.






Nous découvrons qu'au lieu de faire demi-tour et de remonter à Maras, un chemin nous permet de poursuivre le long des salines et de descendre dans la vallée du rio Urubamba (Vallée Sacrée des Incas).

A peine arrivés au bord de la route Ollantaytambo-Cuzco, un bus nous prend vers Cuzco. Génial. Une belle randonnée bien pentue, sans voir personne ou presque (quelques habitants toujours aimables).

Lundi 19 février

Afin de mieux connaître la ville, on se laisse tenter par une visite guidée à pieds (ici, walking tour). L'intérêt dépend du guide et aussi du groupe. On donne ce que l'on veut au guide.
Nous rencontrons Diego qui rameute les clients devant l'office d'I-Peru. Jeune, sympa et il ne parle pas trop vite. A l'heure du départ, nous sommes ses seuls clients. Ca nous va bien. Allez en route !

Puisque nous sommes encore Plaza des Armas, au milieu du parc qui occupe le centre de la place, voici la statue de Pachacutec, le constructeur de Macchu Picchu. Tout le reste de la place est d'origine coloniale avec ses maisons à balcons.

Petite parenthèse historique : l'empire inca (Tawantinsuyu) fondé par Pachacutec  en 1438 s'est achevé avec la mort de Atahualpa en 1533 à Cajamarca.

La ville de Cusco, centre de l'empire inca (Tawantinsuyu), a été tracé et construite selon un plan pré-établi qui représente la forme d'un puma. Les limites en étaient les rios, canaux et des rues tracées dans ce sens. La tête se trouvait à l'emplacement du site de Sacsayhuaman, site sacré au-dessus de la ville.


Nous passons ensuite sur une petite place très calme à 100 m à peine :la plaza Regocijo ou plaza Kusipata de son nom inca.


Plaza Kusipata

Maisons coloniales à balcons

Nous poursuivons par la rue Heladeros jusqu'à la basilique de La Merced



Puis nous enfilons la rue Loreto, piétonne, qui est bordé de chaque côté par des murs d'origine inca (ou quechua parce que l'Inca, il n'y en avait qu'un).

A droite le mur du monastère de Sta Catalina dont la base est inca

Puis la rue Pampa del Castillo, bordé sur le côté gauche de petits restaurants avec menus pas chers



Au bout, on arrive sur Santo Domingo, église et monastère construits sur un site religieux inca dénommé Qoricancha. 

On voit bien la superposition des murs incas en gros appareil et les murs d'origine coloniale espagnole

L'ensemble se visite. Qoricancha, site le plus sacré de l'empire inca, consacré au Soleil (Inti) mesurait 140 m par 135m . On sait par les chroniqueurs espagnols de la conquête qu'il était très richement décoré avec notamment les momies des incas décédés, assises sur des trônes d'or. Il a été rasé et pillé de fond en comble par les conquistadores, et il n'en reste que les fondations.




Le couvent et l'église Santo Domingo ont été construits sur le temple inca.

Vue du cloître

Le chœur et les stalles sculptées

Accès au clocher

Une des cloches, consacrée à Santo Vicente Ferrer (St Vincent Ferrier) cher à nos amis vannetais

Vue sur la ville depuis le clocher

Petite anecdote : en 1650, un tremblement de terre a gravement endommagé l'édifice colonial, laissant intact le temple inca. La reconstruction dura jusqu'en 1680.

Dans une des salles, un facteur d'instruments de musique nous fait une démonstration des bouteilles sifflantes et autres sifflets (silbatos).



La ruelle Romeritos nous ramène vers la rue Maruri où se trouve les vestiges du palais inca Kusicancha. Aujourd'hui, le bâtiment d'origine coloniale qui a été construit dessus abrite les services de la Culture de Cuzco. Un bâtiment couvrait tous les vestiges : il a été détruit par le séisme de 1950. Il a été décidé par les autorités péruviennes ou cusqueniennes de ne pas reconstruire, ce qui a permis de faire des fouilles archéologiques et de mettre en valeur les bases des murs.






Dans le rue suivante, rue San Agustin, on retrouve la période coloniale avec plusieurs palais qui sont devenus aujourd'hui des hôtels 5 étoiles (Novotel, Marriott, Tupas Yupanqui Palace).


Nous passons par une autre rue, piétonne aujourd'hui, et d'origine inca, la rue Hatunrumiyoc. on y trouve de nombreuses boutiques d'artisanat et de chocolat.

Rue Hatunrumiyoc avec le mur cyclopéen Inca

Dans le rue Herrajes, se trouve la pierre la plus photographiée de Cuzco. dans la base du mur une pierre, taillée au millimètre par les ouvriers quechuas, présente sur sa face vue 12 angles. admirez le travail.



On traverse la place San Blas avec son église fermée (en restauration)



Atelier du céramiste Olave

Pour terminer, Diego nous emmène un peu plus haut, ruelle Pashnapakana dans le restaurant Limbus dont la terrasse domine tout Cuzco. On déguste du ceviche de truite en admirant le paysage.


Diego très heureux du bonnet breton qu'on lui a offert

Mardi 20 février

A force de demander à I-Peru, on nous indique un site inca que l'on peut aller voir à proximité (pas très loin d'ailleurs de Sacsayhuaman, site visité en 2018).
En bus de la ville on va vers les limites de la ville au nord. Un chemin facile nous emmène en 1h30 au site d'Inkilltambo, site sacré (huaca ou w'aka).



Site d'Inkillpata


partie réservée aux rites



autre site, vu sur le retour, K'allachaca


Mercredi 21 février

Journée de repos avec shopping, sauvegarde des photos, rédaction du blog et préparation des bagages. Ce soir on quitte Cuzco, direction La Paz.
Un petit mot sur le quartier San Blas où nous étions logés (rue Chihuampata). Fait de nombreuses ruelles, passages et escaliers, le quartier a gardé son caractère colonial avec des maisons simples et des rues pavées. La nuit, c'est calme, le jour la circulation est compliquée mais à pieds, il n'y a pas de problème. C'est près du centre historique. On y est en 12 mn pour aller, un peu plus dans l'autre sens parce que ça monte.











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