De Tupiza à Tarija, il y a 213 km que nous mettrons 7 heures à parcourir. La route est rarement revêtue, elle ne permet pas de croiser un autre véhicule et présente un nombre de virages incalculable avec des ravins de plusieurs centaines de mètres de profondeur. Bien entendu, il n'y a pas de parapet ou de glissière. C'est une vraie route de la mort. Pour faire le trajet un bus plutôt petit (les grands ne pourraient pas prendre les virages) et hors d'âge, en espérant qu'il ne soit pas hors d'usage.
Le chauffeur a une chique de coca énorme, mais cela nous va bien : comme cela on est sûr qu'il ne va pas s'endormir au volant.Tarija est une ville charmante, grande et chaleureuse. Les gens sont souriants, plus détendus. On ressent la proximité avec l'Argentine, et la ville nous fait penser à Salta que nous avions adorée. Grandes avenues, trottoirs, propreté et beaucoup d'animation.
La première chose à faire ici est d'aller visiter les caves (bodegas), car c'est dans la région que sont produits les vins et alcools boliviens, à des altitudes encore supérieures à l'Argentine (entre 1600 et 2200 m). Pour nous simplifier la vie nous passons par une agence de voyages qui propose un tour d'une demi-journée.
Nous commençons par la bodega Campos de Solana, grosse entreprise qui possède 200 ha autour du chai, ultra-moderne. De nombreux cépages sont cultivés, dont de nombreux venant de France : tannat et malbec principalement.
La production est très moderne avec cuves inox à température contrôlée, fermentation alcoolique puis malolactique, vieillissement en fûts de chêne français ou espagnols pour les grands vins.
On nous montre les bouteilles phares de l'exploitation, mais on nous fait déguster un riesling, qui est loin de valoir les productions hexagonales. On aurait préférer un malbec, qui réussit très bien dans le Sud (souvenir d'Argentine l'an dernier). |
La plus chère de la bodega (environ 68€), cépage tannat (comme le Madiran)
A quelques kilomètres, nous visitons la bodega Casa Real, appartenant à la même famille, qui ne semble pas avoir de problèmes de fin de mois. Ici, on produit plutôt des alcools dont le célèbre Singani, eau de vie de muscat (concurrent du Pisco). Les installations sont également ultra-modernes avec des alambics énormes provenant directement de Cognac.
En plus du Singani (à droite), on fabrique du gin, du singani vieux, de la liqueur
Le dernier des 8 alambics qui vient de Cognac Fûts de chêne pour le vieillissement.
Pour finir la visite on nous sert le cocktail national bolivien : le chufflay (singani, ginger ale, limón et glace). Curieux comme cela délie les langues dans le groupe.
Nous reprenons notre route à travers les vignes en nous perdant, le chauffeur est obligé d'appeler pour retrouver son chemin pour arriver dans une exploitation artisanale, cette fois : Viña Antares.
Le chais est sous un toit mais ouvert aux vents, les cuves sont en plastique, exposée aux variations de températures. Le propriétaire nous accueille avec beaucoup de gentillesse et d'enthousiasme. La dégustation de son vin de mélange de cépages nous refroidit. Il est imbuvable, c'est une véritable piquette. Nos camarades de virée, tous sud-américains, le boivent malgré tout et posent des questions sur sa fabrication. Pour nous, connaissant bien la vinification, il y a un gros problème de respect du raisin et du vin, notamment un problème d'hygiène. La bodega fabrique aussi son singani.
Un alambic artisanal où tout se fait au pif Les vignes sont en bon état et les vendanges sont en cours Puis nous traversons jusqu'à la maison du propriétaire. Nous goûtons un brandy maison (correct) en grignotant de la charcuterie. L'ambiance est montée d'un cran avec les petits verres successifs.
Le propriétaire fier de sa cave Sans commentaire, des gens de Cochabamba
Retour à Tarija avec la nuit. Un bruit au loin...boum, boum, de la musique. C'est un défilé avec fanfare, costumes et étendards. Surprise ce sont des enfants et des adolescents. C'est l'anniversaire de l'Unité Educative Lourdes et les élèves, encadrés par les professeurs, défilent au pas en jouant de la musique. Je précise qu'il s'agit d'une école publique, non militaire...
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Surprenant ! Non ? Est-ce parce que le pays a une forte tradition militaire ? D'ailleurs, souvent les bannières et blasons des établissement d'enseignement (secondaires comme supérieurs) comportent des aigles impériaux et autres symboles guerriers.
Comme on n'a pas réussi à faire la randonnée au canyon des condors (vallée éloignée, difficile d'obtenir les informations, chemin de randonnée en état inconnu...), on abrège notre séjour et on part nuitamment vers Sucre.
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