Tupiza et le Sud-Lipez 4 au 6 mars

De Potosí à Tupiza, cela fait 255 km. En bus, il faut 7 heures pour venir à bout de cette route, parfois non revêtue, et toute en montées, descentes et virages.

Tupiza est une petite ville de 30 000 habitants dont le principal intérêt est d'être un des points de départ pour les déserts du Sud-Lipez.

A peine arrivés, vers 18h00, nous négocions un "tour" de 3 ou 4 jours. Toutes les agences ou presque proposent plus ou moins le même itinéraire, il faut surtout faire attention aux conditions techniques et matérielles. Par chance, l'agence Torre Tours, qui gère aussi notre hôtel, peut assurer un départ pour demain matin.

Mardi 5 mars

Aussitôt après le petit-déjeuner, nous faisons connaissance de nos deux équipières pour le tour du Sud-Lipez : deux jeunes femmes de 33 et 34 ans. Giulia est italo-suisse, mais travaille depuis quelques années au Guatemala. Paulina est argentine, de Corrientes près de la frontière uruguayenne. Elle profite de ses économies, qui fondent comme neige au soleil dans son pays à cause de l'inflation démentielle (250 % prévus en 2024), pour voyager et fuir une situation politique et sociale affreuse. Nous rencontrons aussi Hilario, notre guide-chauffeur, et Sonia, notre cuisinière.

Nous embarquons nos sacs à dos, mais aussi toute la nourriture pour quatre jours, l'essence (au moins 120 litres sur le toit), une bonbonne de gaz, des duvets au cas où, etc. Le tout dans un 4x4 Land Cruiser Toyota à moteur V8.

A peine sortis de la ville, premier gros problème : la piste qui longe la gorge du rio Tupiza n'est plus fréquentable. La piste n'existe plus. Le rio a tout emporté, gonflé par les pluies des derniers jours. Il faut donc changer d'itinéraire. Cela nous inquiète pour la suite du voyage, mais surtout cela irrite fortement Giulia qui pense que le détour nous fait éviter une partie du parcours, et nous fait passer à côté de lieux à voir. Pour notre part, nous jugions cette partie peu intéressante. Hilario va faire évoluer le projet de voyage jusqu'à obtenir la satisfaction de tout le monde.

En route vers Uyuni à travers un paysage de quebradas (gorges) avec des reliefs ruiniformes, parfois spectaculaires. 



Celui-ci a un nom : la poronga (non-traduit)

Nous traversons vite Uyuni, puis San Cristobal. La pluie nous a accompagné sur une partie du trajet, mais Hilario est confiant pour la suite. Après Vila Alota, nous quittons la route asphaltée pour la piste à travers ce qui est déjà un quasi désert. Nous atteignons alors Bosque de Piedras avec de nouveaux reliefs sculptés par le vent et les intempéries (gel y compris).

Bosque de piedras



Yareta (ou Llareta), plante en coussin (Azorella compacta). Il s'agit en fait d'une colonie de plantes de la même espèce qui s'associe pour résister aux conditions extrêmes de sècheresse,  de froid et de radiations UV (plus de 4000 m d'altitude)

détail de la yareta

Plus loin, nous arrêtons près d'un élevage de lamas en plein altiplano. Nous poursuivons à pieds pour découvrir un lieu extraordinaire : un bofedal ou humedal (zone humide) au milieu d'un massif rocheux torturé par les éléments. Voici la Laguna Catal (appelée à tort Negra).

Qu'est-ce qu'il vient faire ici celui-là, à piétiner mon manger ?

Un espace merveilleux de tranquillité et de vie pour les llamas (lamas)









Une partie de l'équipe : Hilario, Maryvonne, Paulina, Giulia

Soca cornuda (Fulica cornuta), sorte de foulque qui ne vit que dans les hautes Andes

Viscache

Adorable ! non ?

Lama Napoléon, doté d'un ego démesuré

La halte suivante sera pour la laguna Vinto à 4005 m d'altitude, zone de nourrissage pour les flamants roses.




Nous quittons ce havre de paix pour poursuivre vers Italia Perdida, encore une petite formation rocheuse.



Le chameau

Copa del Mundo avec notre amie argentine

Nous terminons la journée à Villa Mar dans un hospedaje (hébergement) très rustique, des matelas avec couvertures, posés sur des blocs en béton. La cuisine de Sonia, très saine et excellente nous remet en pleine forme...pour dormir. On se couche comme les poules car demain on part à 6h00.

Mercredi 6 mars

Nous partons à l'aurore, direction plein sud, à travers l'altiplano. Nous croisons de nombreux groupes de vigognes et aussi quelques nandous. Nous guettons les tatous (armadillo), mais nous n'en verrons pas.


Nous faisons une première pause à la zone humide protégée du rió Pata.


Peu après, arrêt a la laguna Hedionda (lac puant), à certaines périodes, elle pue en raison des fientes des nombreux flamants roses. Nous sommes dans la réserve nationale de faune andine Eduardo Avaroa.





Trois espèces de flamants séjournent dans les lacs du Sud-Lipez : le flamant du Chili, le flamant des Andes et le flamant de James (plus rare et menacé).

On voit quelques traces d'exploitation du sel, mais celles-ci ont été abandonnées lors de la création de la réserve (7 000 km², soit le département de l'Yonne) en 1973.

Vestiges de "marais salant" andin


Le volcan Licancabur (5 920 m) sur la frontière avec le Chili. A son pied la laguna Verde

A gauche le Juriques (5704m), à droite le Licancabur. A gauche la laguna Blanca et à droite la laguna Verde

Nous sommes très proches de la frontière chilienne (4 km) et pas loin non plus de l'Argentine (30 km). On a croisé quelques camions, 4x4 et voitures particulières. Hilario nous a expliqué qu'il s'agit de contrebandiers. Il y a un trafic de véhicules volés important vers la Bolivie où le contrôle des véhicules est très laxiste. On a vu aussi des véhicules tout-terrains qui faisaient du hors-piste. A priori des narcotrafiquants, mais pas de cocaïne, plutôt de marijuana.

Nous voici maintenant dans le désert de Dali (le peintre). Nom donné en raison des couleurs dans le paysage. 




Pour le déjeuner, nous faisons la pause aux eaux thermales de Chalviri. Avant de passer à table, un bon bain dans une eau chauffée à 39°C par les volcans avoisinants.


On n'est pas bien là ?

Une famille française voyage avec ce camion militaire allemand transformé.

Ici aussi il y a des geysers, mais ils ont moins nombreux et moins spectaculaires que ceux du désert de Tatio, vus l'an dernier au Chili, à quelques kilomètres.


Geysers de Sol de mañana 

Puis nous arrivons à un des lieux les plus connus et visités du Sud-Lipez, la laguna Colorada, dénommée ainsi en raison de la couleur rouge sang qu'elle prend aux heures chaudes de la journée. Cette teinte est due à des algues microscopiques qui produisent des carotènes. C'est aussi ce qui donne la couleur aux flamants roses qui se nourrissent de ces algues.
Il y a un vent à écorner les bœufs, ce qui ne semble pas perturber les flamants qui sont là en très grand nombre. Des zones blanches ici ou là correspondent à des cristallisations de borax (minerai de bore) : désinfectant, retardateur de flamme, insecticide, fongicide...Il est exploité sur certains lacs par l'état bolivien.


Sur la crête on a du mal à tenir debout






Nous allons nous installer dans notre hébergement et après le goûter nous ressortons pour admirer le coucher du soleil sur le lac.

refuge Huayllajara





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